La méthode du studio

Création arborescente

La création arborescente est une méthode de création avec l’IA. On bâtit d’abord un univers, avec ses règles, ses personnages et sa mémoire. Puis on y crée des œuvres, et chacune pousse dessus comme une branche.

Flavien Chervet a formalisé la méthode en 2022. HELO en est le cas d’école, et HyperBD en est l’outil.

L’univers HELO

Tome 1

Tome 2

Tome 3

Le neuralais

Textes du monde

Alada Mara

Vos œuvres

L’univers HELO et ce qui y a poussé : les tomes 1, 2 et 3 de la bande dessinée, le neuralais (la langue des IA), des textes venus du monde du récit, une chanson, et les œuvres que chacun pourra y créer quand l’univers s’ouvrira dans l’atelier. Ses racines : l’histoire, les personnages, les lieux, la langue, le style.

Qu’est-ce que la création arborescente ? La méthode expliquée en 19 minutes

Conférence donnée dans le cadre de l’événement Entertain-AI 2026

Le vrai sens de l’IA en création

Le sens de l’intelligence artificielle en création n’est pas de produire plus de la même chose. Si le créateur ne fait que générer plus d’images, plus de textes, plus de contenus jusqu’à saturation, il rate ce que l’IA a de singulier.

Son véritable potentiel est d’explorer des sens culturels nouveaux, des esthétiques inédites, des procédés créatifs qui n’existaient pas auparavant.

Le déplacement

De l’œuvre-objet à l’œuvre-univers

Quand l’IA sait exécuter, la technique devient une commodité et l’acte créateur se déplace. Ni vers le haut ni vers le bas d’une hiérarchie imaginaire : vers un autre lieu.

Au lieu de créer des œuvres-objets, le créateur est appelé à créer des œuvres-univers : des « lores » signifiants et puissants, des mondes dotés de leurs lois, de leur histoire, de leur cohérence interne.

Ces univers deviennent le contexte dans lequel l’IA navigue, et où elle produit un foisonnement de créations transmédias entrelacées.

Un roman, un jeu vidéo, une série, une bande dessinée, un podcast narratif : tous situés dans le même cosmos fictionnel, tous cohérents entre eux, tous déployés à une densité qu’un créateur seul n’atteindrait pas.

C’est cela, la création arborescente.

Le créateur

Architecte d’univers

Le créateur devient créateur de mondes complets, architecte d’un cosmos fictionnel que l’IA vient peupler et enrichir. Son travail consiste à poser une cohérence, des contraintes et une mémoire.

Cette figure de démiurge n’est pas nouvelle. Tolkien bâtissant la Terre du Milieu, Lucas déployant Star Wars, les créateurs de Donjons et Dragons procèdent ainsi depuis longtemps. Ils le faisaient avec les moyens de l’artisanat : des équipes nombreuses, des années de travail, des budgets considérables.

L’IA peut rendre cette forme de création accessible à quiconque porte un univers en lui.

Trois gestes

Dans la pratique, la méthode tient en trois gestes.

  1. 1

    Bâtir un univers

    Un « lore » complet : le contexte, l’histoire, les personnages, les lieux, l’esthétique, les règles internes. Assez précis pour que ce qui en sort soit reconnaissable, assez ouvert pour que ça produise des surprises.

  2. 2

    L’ouvrir

    Donner accès à ses blocs, dans une forme structurée qu’une IA lit directement. D’autres créateurs peuvent alors y faire pousser leurs propres branches.

  3. 3

    Y créer avec l’IA

    Bande dessinée, série, roman, jeu, podcast : chaque œuvre naît à l’intérieur de l’univers, cohérente avec les autres, à une densité de production qu’un créateur seul n’atteindrait pas.

Ce que ça change

De nouvelles formes d’œuvres

L’œuvre promptable

Une fois l’œuvre-univers constituée, le créateur peut offrir au spectateur de « prompter » sa propre version de l’univers, personnalisée, individualisée.

L’œuvre hybridable

Le créateur peut ouvrir son univers pour l’interfacer avec ceux d’autres créateurs, et en faire jaillir des métissages et des croisements inédits.

Le nouveau hors-champ

Une œuvre-univers peut devenir si vaste qu’elle contient des créations auxquelles personne n’assiste jamais. Seule une fraction nous parvient : un « cône de lumière », hors duquel prolifèrent des ombres d’œuvres.

L’œuvre n’est-elle que ce qui est montré, ou aussi tout ce qui fut envisagé, toute la latence de l’univers-œuvre ?

La méthode devient un outil

HyperBD

Nous avons fait de cette méthode un outil. HyperBD conduit la création d’une bande dessinée à travers les quatre temps du métier, du brief à l’album exporté, dans l’atelier du studio. Deux autres harnais suivront, pour le film et pour les mondes immersifs.

Découvrir HyperBD

L’intelligence artificielle n’est pas l’ennemie du créateur. Elle est l’ennemie du technicien.

En cela, elle porte le potentiel d’une libération créative radicale. Cette libération, nous l’appelons la création arborescente.